Le rendez-vous des dirigeants de l'économie sociale
Ces temps de rencontre sont l’occasion de partager sur les travaux engagés et de définir les nouveaux axes de développement possibles communs à toute l’économie sociale sur un plan international.
Venant d’Inde, du Japon, du Brésil, d’Afrique, du Canada, d’Espagne, d’Italie, de Belgique, de Pologne... des dirigeants de l’économie sociale, des universitaires et chercheurs se sont réunis à Morzine du 29 avril au 1er mai. Ceci en présence de Paul Singer - Secrétaire d’Etat à l’Economie Solidaire du Brésil, Gérard Sarracanie - Délégué Interministériel à l’Innovation Sociale et à l’Economie Sociale, Emmanuel Kamdem - Conseiller au Bureau International du Travail, Henri Lourdelle - Conseiller à la Confédération Européenne des Syndicats.
Ce sommet porté par la Macif, le Groupe Chèque Déjeuner, le Groupe Crédit Coopératif, l’Esfin-Ides a été une première pour les coopératives, les mutuelles et les associations au plan international. Les acteurs réunis ont voulu montrer que l’économie sociale pourrait ‘donner le ton’ dans une période de transformation du monde et apporter ses réponses structurantes, durables, aux enjeux présents et à venir. Elle apporte des solutions concrètes et humanistes aux défis du siècle : lutte contre la pauvreté et l’exclusion, contre le chômage, pour la cohésion sociale et le développement... Surtout elle veut innover toujours plus et permettre l’accès aux produits et services au plus grand nombre.
Les acteurs des Rencontres du Mont-Blanc ont donc décidé ‘d’occuper’ l’espace international et les espaces de communication.
Ils vont donc pour cela développer de nouvelles coopérations entre leurs organisations du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, tout en renforçant leurs alliances avec les syndicats, les collectivités locales, les mouvements de femmes...
Ils ont pour cela décidé d’ouvrir plusieurs chantiers communs au plan international (santé, monnaie sociale, gestion de fonds propres, fonds de retraite, mécanismes financiers, bilan sociétal...) et d’utiliser des leviers transversaux (centre international de veille, d’échange et d’analyse ; lieu d’échange international sur les modes de management de l’économie sociale ; communication...).
Les acteurs des Rencontres du Mont-Blanc vont, pour ce faire, constituer un Comité International de Pilotage et de Suivi et préparer les secondes rencontres qui se tiendront en 2005.
Une économie sociale internationale qui s’affirme et s’engage.
L’économie sociale apporte des réponses structurantes, durables aux enjeux présents et à venir. Elle est apte à répondre à un processus continu d’évolutions des attentes et des aspirations y compris dans l’économie de marché.
Les participants ont relevé plusieurs enjeux auxquels l’économie sociale apporte des réponses :
- la lutte contre les pauvretés et les exclusions, la lutte pour la cohésion sociale et la prise en compte des droits fondamentaux et des droits de l’Homme,
- l’accès à l’emploi au plus grand nombre,
- l’accès aux produits et services de qualité et innovants pour le plus grand nombre et aux meilleures conditions.
Elle doit donner le ton en s’affirmant par une action politique et de communication.
Elle doit occuper l’espace international et par continent (Europe élargie, Asie, Afrique...) ainsi que les espaces de communication.
Les acteurs des Rencontres du Mont-Blanc veulent développer de nouvelles approches, de nouvelles logiques :
- mobilisation et coopération pour générer des effets de masse,
- horizontalité, transversalité (face à des approches souvent verticales, statutaires, nationales, par champ d’activité) dans les logiques de projet,
- appel à une pluralité d’acteurs pour répondre aux enjeux, chaînage de leurs interventions (exemple du soutien scolaire). Des réponses adaptées en fonction des besoins et des enjeux (exemple de la santé dans les pays du Sud),
- systématisation des expérimentations, développement de l’apprentissage, organisation des transferts (de savoir-faire, de compétences, de personnes).
L’économie sociale doit contracter de nouvelles alliances et renouveler les plus anciennes :
- alliances internes entre ses mouvements sur des projets concrets : faire ensemble, chacun intervient à son niveau, dans ses propres logiques d’intervention en participant à un projet d’ensemble,
- alliances externes avec : les syndicats, les collectivités locales, les mouvements de femmes..., La synergie permettra de fédérer les énergies et les intelligences et de trouver en commun les voies de dépassement.
Les acteurs des Rencontres du Mont-Blanc ont décidé de lancer des chantiers internationaux : sur de la santé (notamment dans les pays du Sud), sur la ‘monnaie sociale’, sur les mécanismes financiers, la gestion des fonds (propres, de pension), sur l’accès à l’emploi, sur l’évaluation des entreprises : le bilan sociétal, des outils de comparabilité...
Ils ont également décidé de créer des leviers transversaux :
- Centre International de veille, d’échange, d’analyse,
- Lieu d’échange international sur les modes de management et d’entrepreunariat de l’économie sociale,
- Forum permanent d’échange des bonnes pratiques et d’expériences (transposition d’innovation pour lancer des projets nationaux),
- Système d’appel à des coopérations permanentes (exemple de l’appel à coopération sur les services aux personnes),
- Communication et utilisation des NTIC pour être présent partout.
Un dispositif de suivi des Rencontres du Mont-Blanc et des engagements pris réciproquement va être mis en place par le Comité de Pilotage et soumis aux participants. Les objectifs seront d’organiser le suivi des chantiers décidés et d’organiser de nouvelles rencontres en 2005.