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Le rendez-vous des dirigeants de l'économie sociale

 Les Rencontres du Mont-Blanc s'engagent concretement pour sortir de la crise alimentaire mondiale

Rassemblés à Chamonix les 9 et 10 novembre, 200 dirigeants d'économie sociale issus de 35 pays ont défini le rôle qu'ils souhaitent tenir pour sortir de la crise alimentaire mondiale. Retrouvez ici leurs prises de positions et engagements.

 


 

1- Le rôle de l’économie sociale pour nourrir la planète et promouvoir la souveraineté alimentaire

 

 

  • Affirmer un devoir de résistance face à la montée des inégalités, la destruction des sols, le gaspillage de l’eau, la pénétration du capital dans les besoins vitaux : l’air, l’eau, la terre, les semences, etc.

 

- interpeller les pouvoirs publics en mobilisant la société civile

exemples : question de l’eau au Sommet de Copenhague, Mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture (Momagri) auprès de l’OMC ;

 

- interpeller les grandes compagnies internationales (Monsanto) sur leurs stratégies, en lien avec les mouvements syndicaux et les mouvements sociaux.

 

 

  • Affirmer la modernité des principes de l’économie sociale, alternative concrète pour traiter les problèmes de production et de consommation, et en particulier :

 

- la propriété collective,

 

- la solidarité entre les producteurs dans le système de coopérative agricole,

 

- la liberté d’accès et d’usage.

 

 

  • Affirmer la nécessaire ouverture de l’économie sociale et des alliances avec :

 

- le commerce équitable,

 

- les circuits courts entre producteurs et consommateurs et le partage du risque entre eux,

 

- l’agriculture biologique.

 

  • Nous engager à participer à une pédagogie des menaces, à un diagnostic partagé entre producteurs et consommateurs/société civile, ainsi qu’à une éducation populaire d’une alimentation durable et équitable pour tous, au Nord comme au Sud.

 

 

  • Favoriser la mise en réseau des savoir-faire et des expériences. 

 

 

 

2- Les Rencontres du Mont-Blanc débouchent sur des engagements concrets

 

 

  • En fédérant autour de projets existants de nouvelles forces, de nouveaux moyens financiers, humains et de matière grise. En particulier :

 

- le projet de notation durable des coopératives agricoles conduit par Coop Fédérée (Québec) et Coop de France en Bolivie et en Chine, en faisant le lien avec les projets de nouveaux modèles coopératifs agricoles soutenus par Coop Africa (10 pays) ;

 

- l’expérience d’agriculture écologique intensive expérimentée par la coopérative agricole Terrena avec Coop Fédérée ou encore la coopérative Nouricia ;

 

- l’expérience d’outils fonciers reposant sur l’appel public à l’épargne, à partir de l’exemple de Terre de liens en France.

 

 

  • En assurant la promotion de projets nouveaux et structurants :

 

- développer un programme de protection des semences libres et de libre accès aux producteurs (propriété intellectuelle) en s’inspirant de l’association internationale du logiciel libre (AI2L) ;

 

- élaborer une « Charte du mieux manger », la promouvoir dans l’ensemble des entreprises de l’économie sociale, la mettre en pratique dans nos restaurations collectives et faire des expériences régionales de promotion de cette charte ;

 

- mobiliser des secteurs agricoles et financiers de l’économie sociale pour favoriser la mise en place d’une chaire internationale de microbiologie ;

 

- soutenir les acteurs ruraux, et notamment promouvoir une campagne visant à libérer les jeunes filles du « portage d’eau », qui les écarte de l’école (fondation One Drop, Québec) ;

 

- mettre en place un programme sur la contribution de l’économie sociale au fait de mieux nourrir la planète en collaboration avec diverses ONG et Wikipedia ;

 

- créer une plateforme d’échanges, d’expériences entre les différentes régions du monde sur le thème de la souveraineté alimentaire (les questions des semences, de l’eau, et des terres étant indissolublement liées) et l’auto-alimentation ;

 

- piloter un comité de travail au sein de l’économie sociale pour construire un projet sur l’eau, en lien avec le conseil d’administration des Rencontres du Mont-Blanc. Ce projet est porté par l’Institut européen de l’eau et la fondation One Drop ;

 

- mettre en place un « Pacte pour la vie et l’économie sociale ». Il s’agit de démultiplier dans la zone Amérique Centrale et Caraïbes le dialogue autour des Rencontres du Mont-Blanc 2009 par l’organisation d’une rencontre continentale dans le premier trimestre 2010. En parallèle avec la Banco Popular du Costa Rica,  il s’agit de créer de nouveaux instruments financiers pour porter des projets dans les domaines de l’environnement, de la sécurité de l’eau et de permettre d’accéder aux financements à travers des fonds de capital risque spécifiques dans un premier temps ;

 

- construire et animer un site Internet d’échanges d’informations accessibles et alimentées par les producteurs, leurs coopératives et plus largement les structures d’économie sociale.

 

 

 

3- Les Rencontres du Mont-Blanc entendent développer des partenariats

 

 

liés à l’ONU, avec notamment :

 

- le Bureau international du travail (BIT), sur de nouveaux modèles de coopératives,

 

- le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD),

 

- l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO),

 

- le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM), avec un groupe de travail sur un « prix d’achat durable »,

 

- l’Alliance coopérative internationale (ACI), sur la micro-finance,

 

- l’Association internationale de la mutualité (AIM), sur la micro-assurance ;

 

 

  • avec des instituts de recherche :

 

- Research Foundation for Science Technology and Resource Policy en Inde,

 

- Pesticides Eco Alternative Center en Chine,

 

- Agence nationale de la recherche en France,

 

 

  • avec les réseaux régionaux de l’économie sociale.

 

 

 

4- Les Rencontres du Mont-Blanc lancent cinq appels

 

 

  • Les Rencontres du Mont-Blanc demandent aux Etats d’inclure la question de l’eau dans la Convention de Copenhague.

 

 

  • Les Rencontres du Mont-Blanc expriment leur opposition au volet agricole des négociations internationales de l’OMC , qui sont sur le point de reprendre à Genève. Elles rejoignent les positions exprimées par le Mouvement pour l’organisation mondiale de l’agriculture (Momagri), afin que l’agriculture en soit exclue, à l’égal de la culture.

 

 

  • Les Rencontres du Mont-Blanc lancent un appel pressant à la Commission européenne pour qu’elle aussi considère l’agriculture comme un secteur spécifique et stratégique et élabore donc une nouvelle politique européenne différente de ce qu’elle est en train de préparer.

 

 

  • Les Rencontres du Mont-Blanc demandent à la FAO, lors de son Sommet sur la sécurité alimentaire des 16-18 novembre 2009, d’inclure l’économie sociale comme la référence incontournable des stratégies à mettre en œuvre.

 

 

  • Les RMB demandent à l’ONU de créer une plate-forme économie sociale entre les différentes agences internationales : PNUD, FAO, PAM, BIT, CNUCED.

 

 


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